<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Mars 2006
mars 2006

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MILOŠEVIĆ ET L'EUROVISION... Pendant quelques jours, nous avons pressentis que nous allions passer un moment important pour la Serbie loin de Belgrade, en France (vacances de ski à La Clusaz). Ils l'ont, ils l'ont pas...? Je veux bien sûr parler de Radko Mladić, l'un des généraux serbe de Bosnie recherché par le tribunal international de La Haye. Pendant un jour, tous les journaux étrangers annonçaient l'arrestation de Mladić et sa future extradition vers les Pays-Bas; alors que le lendemain la presse et le gouvernement serbe démentaient et informaient que Mladić était toujours en "fuite". Ce ne fut donc pas Mladić qui créa l'événement à Belgrade, mais l'ancien président de Serbie, chassé du pouvoir par son peuple en 2000. La mort de Slobodan Milošević met fin prématurément à son procès et privent ses victimes (qu'ils soient Croates, Bosniaques, Kosovars ou surtout Serbes) d'un jugement.

Après multiples discussions, Milošević sera effectivement enterré en Serbie, mais pas à Belgrade et sans funérailles nationales. Néanmoins, sa dépouille fut d'abord exposée quelques jours dans le musée d'Histoire de la Serbie dans les beaux quartiers de Dedinje, (à seulement quelques dizaines de mettre de la tombe de Tito...), puis devant le parlement, là même où des des centaines de milliers de Serbes manifestèrent contre Milošević en 2000. La foule qui est venue rendre son dernier hommage a "Slobo" est bien moins importante que ce que le parti socialiste laissait présager, mais tout de même environ 50'000 personnes étaient réunies autours du parlement (voir photos). Dans la foule, très peu de jeunes, la plupart des sympathisants de Milošević sont âgés de 50 ans et plus. A l'écart du parlement, sur la forteresse de Kalamegdan, les jeunes organisent une contre-manifestation. Mais la grande majorité des Belgradois n'étaient ni devant la dépouille de Milošević, ni sur Kalamegdan, mais en train de faire du shopping ou de boire un verre dans un café, et n'avait qu'une envie: oublier cet homme et cette page de leur histoire.

Le lundi, un ami français nous explique qu'arrivé au bureau,il y avait une certaine effervescence et de grandes discussions agitées. Il a alors demandé à ses collègues Serbes si la mort de Milošević les affectait à ce point, qui lui ont répondu: "Mais on s'en fout de Milošević, c'est l'Eurovision qui nous préoccupe!!!". En effet, le jour même où Slobo était enterré dans son village natal à quelques dizaines de kilomètres de Belgrade, se déroulait le concours national de l'Eurovision qui devait décider quel groupe représenterait la Serbie-Monténégro à Athènes fin mai. Après élection d'un groupe Monténégrin (qui avait déjà participé à l'Eurovision), les spectateurs ont hué leur prestation scénique et on crié au scandale. Apparemment, le jury Monténégrin (qui représentait la moitié du jury) n'aurait donné aucun point aux groupes Serbes, favorisant les Monténégrins. Résultat des courses: la Serbie-Monténégro ne sera pas représentée à l'Eurovision et risque une amende et une interdiction de participation de trois ans. Curieusement, le concours de l'Eurovision doit se dérouler le 19-21 mai, soit quelques jours seulement avant le référendum sur l'indépendance du Monténegro... 6 ans après la destitution de Milošević, les conflits territoriaux en Serbie ne sont toujours pas réglés!

 

ISTANBUL Un pont entre l'Europe et l'Asie, voici Istanbul...

Une réunion pour le boulot de Laurent nous décide enfin à faire ce dont on avait l'idée depuis bien longtemps: visiter Istanbul. Un coup d'oeil par le hublot lors de l'atterrissage nous donne un avant-goût du décors: des minarets rythment le paysage urbain. Avec 12 millions d'habitants, la banlieue d'Istanbul s'étend à perte de vue. Mais de par sa géographie entre eaux et collines, on s'y repère assez facilement dans le centre historique.

Entre le quartier de Taksim et sa rue piétonne marchande truffée de restaurants et bars, la vieille ville aux milles mosquées gigantesques, le palais de Topkapi qui surplombe le Bosphore, le Grand Bazar et ses vendeurs qui vous interpellent dans toutes les langues (on avait trouvé le moyen pour qu'on nous lâche plus facilement: à la question "where are you from?", on répondait Serbia! Mais on a quand même ainsi réussi à avoir un "Kako si?". Même le serbe se parle dans le Grand Bazar!), les ruelles bondées de monde et de choses à vendre, les routes bloquées par la circulation, les innombrables minarets qui chantent en même temps et à intervalles réguliers des "Allah Akbar" et bien sûr les shish kebabs et les baklavas!

Istanbul est vraiment une rencontre entre l'orient et l'occident. On y a trouvé beaucoup de ressemblances avec la Serbie, pas très étonnant étant donné les 500 ans passés sous la tutelle Ottomanne. Une ville extraordinaire à découvrir!