<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Septembre 2005
septembre 2005

Nos premiers visiteurs ont eu le courage de voire les Balkans d'un peu plus près: accompagnés par mes parents, nous avons entrepris un petit voyage au travers de l'ancienne Yougoslavie. Notre chemin nous a d'abord conduit à travers la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo, puis Mostar), une petite partie de la Dalmatie qui est la partie sud de la Croatie, et le Monténégro:

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SARAJEVO: Capitale de la Bosnie-Herzégovine, elle compte environ 400'000 habitants. La ville a été le lieu de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche le 28 juin 1914 par le Serbe Gabriel Princip, ce qui marqua le début de la Première Guerre mondiale. Elle accueillit les Jeux Olympiques d'hiver de 1984 et fut assiégée durant la guerre de Yougoslavie de 1992 à 1998. (pour d'autres informations, consultez ce site)

Sarajevo se situe sur les bancs de la rivière Mijacka, entre deux flancs de collines. La première vision de la ville depuis le haut de la colline est un nombre et une taille impressionnants de cimetières, aux pierres tombales blanches et très fines, ce sont des cimetières musulmans. Le siège de Sarajevo part les milices serbes a causé la mort d'environ 12'000 sarajéviens. Depuis longtemps et encore aujourd'hui, Sarajevo regroupe musulmans, catholiques et orthodoxes, bien que l'abondance des minarets indique la majorité religieuse. Il est surprenant de se balader dans Sarajevo et de passer des immeubles urbains et boutiques chiques au quartier turc avec ses petites ruelles aux maisons basses, ses bazars et ses mosquées.

MOSTAR: A environ 2 heures de routes au sud de Sarajevo, tout proche de la Croatie et de ses côtes, la ville de Mostar est surtout restée dans tous les esprits pour son pont. Il fut construit en 1556 par les Ottomans et a longtemps symbolisé la communication entre le christianisme et l'islam, reliant les communautés Croate (chrétienne) et Bosniaque (musulmane). Il fut détruit en 1993 par l'artillerie croate et reconstruit sous l'égide de l'UNESCO en 1994.

Aujourd'hui, le contraste est saisissant entre la vieille ville entièrement reconstruite avec l'aide internationale et le reste de la ville qui est constellée de bâtiments en ruine détruits par les obus. Il est presque choquant de traverser cette ville si fortement touchée par les conflits serbo-croato-bosniaques (Mostar s'est retrouvée entourée d'un côté par les forces serbes et de l'autres par les force croates qui voulaient toutes deux étendre leur territoire), puis d'entrer dans les vieilles ruelles totalement refaites à neuf, bourrées de touristes, de boutiques et de cafés. Le symbole de l'unification des peuples a été reconstruit, mais la ville et ses habitants restent profondément blessés.

Pour relier Mostar à Dubrovnik, il faudra passer trois fois la douane (la Bosnie a encore un minuscule accès à la mer qui coupe la région de Dubrovnik du reste de la Croatie)... Les deux premiers passages se font comme une lettre à la poste, alors que la deuxième entrée en Croatie nous prouve que les plaques de voitures serbes ne sont pas très populaires en Croatie! Le douanier nous annonce qu'il y a un problème, car nous n'avons pas l'autocollant "SCG" (qui correspond au "CH") à l'arrière de la voiture. Après lui avoir fait remarqué que pratiquemment aucune voiture qui passait cette frontière n'avait d'autocollant, il nous disait que pour les croates ce n'était pas sont problème... Heureusement, il a fini par nous dire d'aller en acheter un dans la prochaine station service (en sachant pertinement qu'on ne trouverait pas d'autocollant serbe en Croatie) et nous a laisser passer, en ajoutant:" and stop arguing with policemen!" (et arrêtez d'argumenter avec la police!).

DUBROVNIK: Dubrovnik a relativement été épargnée par la guerre et sa ville fortifiée, elle aussi restaurée après les conflits est une petite merveille. Les remparts, longs de 1940m, encerclent un nombre impressionnant de maisons au toit rouge et de minuscules ruelles. Le seul défaut qu'on peut trouver à Dubrovnik, c'est ses touristes!... Le choc est d'autant plus violent venant de Belgrade et Sarajevo où les touristes se comptent sur les doigts de la main. Les ruelles et les bus de Dubrovnik ne désemplissent pas, même une fois la nuit tombée sur les remparts.

Toute la côte croate est constellée de petites et plus grandes îles. Une petite excursion en bateau nous a emmenés vers les îles Elaphites, au nord-ouest de Dubrovnik pour une journée charmante au fil de l'eau. Les trois îles (Sipan, Lopud et Kolocep) ne comptent que quelques habitations et offrent un très beau point de vue sur la côte continentale.

MONTENEGRO: Notre petit voyage nous a ensuite amenés au Monténégro, (faisant partie de la République de Serbie et Monténégro) seulement quelques dizaines de kilomètres au sud de Dubrovnik. A côté des pavés lustrés de la cité croate, les villes monténégrines paraissent sales et les bistrots un peu vieux jeux. Le fait que la plupart des décharges déversent simplement les détritus dans les rivières n'arrange pas vraiment les choses. Mais une fois cette première impression passée, on commence à découvrir les charmes de cette région: des criques aux eaux turquoises pas encore inondées de touristes, un fjord immense (la baie de Kotor), de belles villes fortifiées (Budva, plus petite que Dubrovnik mais très charmante, et Kotor au fond du fjord et encerclée d'un rempart long de 4,5km(!!!) qui serpente dans la montagne), des montagnes arides et presque désertes et des monastères.

Le tour de la baie de Kotor n'en finit pas tellement ce fjord a de bras... On croit en avoir finit, et on repart dans une nouvelle baie. Mais le décor est magnifique avec des montagnes qui se jettent dans la baie. Bien que protégée par l'UNESCO, Kotor n'est malheureusement pas très bien entretenue et nous laisse un peu sur notre faim. Par contre la vue époustouflante de la baie depuis une petite route de montagne qui mène à Cetinje nous redonne faim (:-), ce qui tombe bien vu qu'une petite échoppe a élu domicile dans un des lacets de la route et vend un succulent jambon séché! L'arrière-pays est assez désertique, coincé dans des montagnes arides, avec quelques hameaux et paysans qui emmènent pâturer leurs quelques moutons on ne sait où. D'ailleurs, on se demande bien d'où provient toute leur viande (ces fabuleux čevapćići, pljescavica et raznići), puisque des gros troupeaux, nous n'en avons pas vu!

Budva est une très jolie petite ville fortifiée, la petite soeur de Dubrovnik en quelque sorte. Mais une fois sortis des remparts, on atterrit sur une très longue plage bondée de vacanciers et bordée de bistrots et boutiques en tous genres. C'est le site favoris des Serbes pour lézarder au soleil, et donc pas le meilleur coin pour se baigner tranquille...

A quelques kilomètres au sud de Budva se trouve la presqu'île de Sveti Stefan. On n'y accède que par une petite route bordée à droite et à gauche de plages. On la dit très prisée de la jet-set, et ça doit être le cas puisqu'il faut débourser 6€ pour oser franchir la porte de la minuscule ville. A l'intérieur tout et très mignon et propret, avec beaucoup de verdure, mais le prix de l'entrée a eu raison des touristes et la jet-set n'avait pas trop l'air d'être au rendez-vous, ce qui a laissé une impression de ville fantôme...dommage!

Le trajet du retour vers Belgrade nous fait passer par Petrovac qui a l'air très jolie, coincée dans une petite crique au pied des montagnes, puis vers le lac Skadar (partagé avec l'Albanie, d'une surface de 370km2! et une des plus grande réserve ornithologique d'Europe) puis Podgorica qui en dehors d'être la capitale du Monténégro ne comporte rien d'intéressant. Nous avons ensuite fait un petit détour qui nous a emmené vers Ostrog, un monastère tout à fait spectaculaire juché dans une falaise abrupte à 900m au-dessus du niveau de la mer. C'est un lieu de pèlerinage pour les Orthodoxes et pour beaucoup d'autres chrétiens. On peut y accéder en voiture, mais les pèlerins font le dernier bout à pieds (parfois pieds nus). Bien que l'édifice soit totalement impressionnant, il ne contient en réalité que deux petites enclaves où sont gardées les reliques d'un saint Monténégrin. Les pèlerins y emmènent des couvertures et dorment sur place, parfois dehors à même le sol.

La route vers Belgrade nous a ensuite conduit à travers les gorges de la Moraća et la campagne, jusqu'à Zlatibor qui a servit de halte pour la nuit (en plus, les cafés retransmettent le grand prix de F1 le dimanche...), et nous avons retrouvé notre appartement après 10 jours d'un voyage diversifié et très agréable.